Le 6 Mai restera longtemps dans ma mémoire... Sarko 53,07% devient président de la République... Un vrai moment de bonheur... Mais ce n'est qu'une belle victoire pour une belle bataille... Tout reste à faire et il y a beaucoup à faire... Let's go Sarko...

Pourquoi j'ai espoirs:

Économie et social : ce qui oppose les deux candidats

Croissance, emploi, fiscalité... Entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, les convictions et les méthodes sont radicalement différentes. Les chances de succès de leur plan de réforme aussi.

Les Français sont au pied du mur. Demain, ils voteront. Autant dire qu'ils décideront, dans l'isoloir, du sort de

la France

pour de longues années. A la veille d'une échéance aussi cruciale que le second tour de l'élection présidentielle, sans doute est-il bon de rappeler aux électeurs deux vérités essentielles. La première est qu'on ne vote pas seulement pour un homme ou une femme (ou contre l'un ou l'autre), mais avant tout pour un programme, un projet, une vision de l'avenir. La seconde est que, dans l'intérêt de tous, ce programme, notamment en matière économique et sociale, n'est pas nécessairement celui dont les Français rêveraient, mais, beaucoup plus fondamentalement, celui dont

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a besoin. Or, c'est bien de l'avenir de

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, en tant que grande puissance économique, dont il s'agit. Depuis plusieurs années, notre économie est en perte de vitesse, engluée dans les déficits, le chômage, la dette, et une certaine forme d'immobilisme qui la pénalise dans la compétition internationale : il importe aujourd'hui de ne pas se tromper de potion, et de se donner les moyens de remonter la pente.

Dans le tintamarre de la campagne, aussi riche fût-elle, les grands enjeux économiques et sociaux n'ont, hélas, pas été suffisamment abordés, ou trop tardivement. Or ce sont eux qui, plus que jamais, déterminent notre futur dans un monde qui vit au rythme des grands défis de l'économie globalisée. Quel est l'avenir de notre «modèle» social hexagonal, généreux mais trop coûteux ? Comment résorber notre dette nationale dont l'importance hypothèque l'avenir des générations futures ? Comment, plus immédiatement, réveiller la croissance et l'emploi ? Sur tous ces sujets, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy n'ont pas les mêmes approches. Les Français vont devoir «choisir entre deux projets de société» disait très justement François Fillon au soir du premier tour. C'est un fait : en dépit des efforts ultimes pour rattraper les voix du centre, un vrai clivage demeure, en 2007, entre la droite et la gauche.

L'une des principales divergences est de toute évidence l'ambition de réformer. Inutile de dire qu'elle semble plus sincère chez Nicolas Sarkozy qu'elle ne l'est chez Ségolène Royal, partagée entre son désir d'ouverture et son souci de ménager une partie de son électorat traditionnel farouchement hostile au changement et à la remise en cause des acquis sociaux et de l'Etat-providence. Entre la gauche de Tony Blair et celle de Jean Jaurès, Ségolène Royal a-t-elle véritablement choisi son camp ?

Face à cet immobilisme, Nicolas Sarkozy assume sa conviction : il faut agir, et vite, pour créer une dynamique positive. Parmi ses priorités : réduire la dette, qu'il souhaite ramener à 60% du PIB en 2012, supprimer les régimes spéciaux de retraite (SNCF, RATP, industries gazières, mines, marins...), poursuivre la réforme de l'Etat, le rendre plus compétitif et diminuer les effectifs de la fonction publique par le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ; sans parler de l'instauration, dès le mois de juin, du service minimum dans les transports publics. Autre mesure-phare : l'obligation faite aux chômeurs de ne pas refuser plus de deux offres d'emploi successives. Le discours se veut énergique, et proche des réalités de terrain. Nicolas Sarkozy prône la rupture. Il veut créer un électrochoc, et remettre

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sur les rails pour qu'elle renoue avec la prospérité, à l'instar de plusieurs de nos partenaires économiques qui se sont engagés avec succès sur la voie de réformes courageuses :

la Suède

,

la Nouvelle-Zélande

, l'Australie, l'Allemagne... Le redressement spectaculaire de l'économie allemande ne démontre-t-il pas que le déclin est loin d'être une fatalité ? Nicolas Sarkozy en est persuadé et vise 5% de chômeurs, en France, d'ici à 2012.

Ségolène Royal en rêve aussi, bien sûr... mais s'en donne-t-elle les moyens ? A force de vouloir ménager la chèvre et le chou, son programme manque de muscle, et sans doute aussi de cohérence. Pas question, par exemple, de remettre en cause le droit de grève dans les services publics. Et si elle se dit favorable à la réforme des régimes spéciaux de retraite, cela ne pourra être envisagé, dit-elle, que «via la négociation». Autant dire que ce n'est pas pour demain. Pour réveiller la croissance, Ségolène Royal mise sur la relance de la demande et la hausse du pouvoir d'achat, ce qui a le mérite d'être populaire. Efficace ? Les recettes keynésiennes sont loin d'avoir porté leurs fruits en Europe au cours des dernières décennies. Elles ont plutôt aggravé les déficits. Mais qu'importe : la candidate du PS promet de porter le smic à 1 500 euros bruts. Quand ? «Le plus vite possible.» Autres promesses : doubler l'allocation de rentrée scolaire, augmenter de 5% les petites retraites (tout comme Nicolas Sarkozy, il est vrai) et les allocations versées aux handicapés... Ségolène Royal n'évoque qu'avec parcimonie la question du financement de ces largesses. Et ce flou, dans un pays qui vit déjà à crédit, finit par inquiéter. Selon un récent sondage BVA portant sur la crédibilité des deux candidats en ce qui concerne «les enjeux économiques et sociaux majeurs», Nicolas Sarkozy dépasse de loin sa rivale. Selon 56% des Français, il serait plus à même de mener une politique favorisant la croissance économique (contre 31% pour Ségolène Royal). Idem pour le chômage : 60% des sondés le jugent «plus capable de le réduire», contre 35% pour Ségolène Royal. S'agissant de diminuer la dette et les déficits, le rapport est de 55% à 29%, là encore en faveur du leader de la droite. En revanche, le score s'inverse lorsque l'on interroge les Français sur la popularité des principales mesures économiques et sociales : celles de Ségolène Royal recueillent 76% d'adhésion, contre 64% pour celles de Nicolas Sarkozy.

Sans doute serait-il caricatural d'opposer le réalisme des choix économiques de Nicolas Sarkozy au caractère parfois démagogique des propositions de Ségolène Royal. On ne lui retirera pas, certes, d'avoir su faire évoluer le discours de la gauche archaïque. On a vu, par exemple, la candidate du Parti socialiste vanter adroitement sa proximité avec les patrons de PME et reconnaître la légitimité évidente du profit dans l'économie de marché. Mais on l'a aussi entendue prôner la suppression du contrat nouvelle embauche (CNE), cher aux PME qui appellent de leurs voeux plus de flexibilité pour recruter davantage. La suppression du CNE, a estimé l'Institut Coe-Rexecode, entraînerait à terme une perte de 32 000 emplois et dégraderait le PIB de 0,2 point (pour COE-Rexecode, seul le programme économique de Nicolas Sarkozy créerait véritablement de la croissance et des emplois). Que dire enfin du souhait de Ségolène Royal d'étendre les 35 heures aux PME, de conditionner les aides publiques à l'absence de licenciement en cas de «profits substantiels» des entreprises ; ou encore de l'obligation imposée à celles-ci de rembourser les aides reçues en cas de délocalisation ?

Travailler plus et gagner plus

Un tel discours, inspiré par la volonté de contraindre, est à 100 lieues de ce qu'attendent les chefs d'entreprise qui, faut-il le rappeler, sont les seuls et véritables moteurs de la création d'emploi. Mais Ségolène Royal l'a-t-elle compris, alors qu'elle voit dans la création de 500 000 «emplois tremplins» - financés sur les deniers publics - une réponse au problème du chômage des jeunes ?

A l'opposé, Nicolas Sarkozy se positionne avec plus de cohérence comme le candidat de la liberté d'entreprendre. Baisse de cinq points de l'impôt sur les sociétés et modulation de ce dernier en fonction des emplois créés et des investissements réalisés, réforme de la taxe professionnelle, expérimentation d'une TVA sociale visant à diversifier les sources de financement de la protection sociale (actuellement principalement à la charge des employeurs et des salariés)... Le programme du candidat de l'UMP séduit les chefs d'entreprise, d'autant qu'il apporte des innovations majeures en matière de flexibilité avec la défiscalisation totale des heures supplémentaires (objectif : inciter les Français à «travailler plus pour gagner plus»), et surtout, la mise en place du contrat de travail unique. Dans ce cadre, le CDD disparaîtrait, laissant place à un contrat à durée indéterminée plus souple offrant des droits évolutifs selon l'ancienneté du salarié.

En matière de fiscalité, quels points communs, là encore, entre les deux candidats ? Quand Nicolas Sarkozy propose de réduire de quatre points les prélèvements obligatoires en dix ans pour relancer la croissance de façon durable, Ségolène Royal prône leur stabilité et même la révision à la hausse des tranches les plus hautes de l'impôt sur le revenu, fidèle à l'idéal d'une gauche qui a toujours vu dans l'impôt une arme idéologique au service de la redistribution plus qu'un outil au service de l'économie. Est-ce ce qui motive le souhait du PS de supprimer le bouclier fiscal mis en place par le gouvernement sortant afin de limiter à 60% la part des revenus consacrée au paiement de l'impôt ? Dans les grandes banques privées, on parle déjà des grandes fortunes prêtes à s'exiler en cas de victoire des socialistes. A l'opposé, Nicolas Sarkozy propose de supprimer les droits de succession pour 95% des Français ; ou encore d'instaurer un bouclier fiscal plus avantageux que l'actuel système, puisqu'il plafonnerait le montant des impôts versés à 50% des revenus perçus, en incluant dans le calcul

la CSG

et

la CRDS. Objectif

: mettre un terme à la fuite des capitaux, mais aussi à la taxation des «faux riches», assujettis à l'ISF du simple fait de la hausse des prix de l'immobilier alors que leurs revenus demeurent dans la norme. Les socialistes n'ont visiblement pas tous pris conscience du fameux syndrome de l'île de Ré et de l'injustice qu'il représente. Certains y passent pourtant d'agréables vacances, sur le terrain, mais c'est une autre et vieille histoire. Ségolène Royal, comme chacun sait, préfère le

Poitou

.

Vive Sarko