12 mai 2007

Les sept erreurs des finalistes

Temps de travail
Nicolas Sarkozy : "Le problème de

la France

est qu'il y a 1% de croissance de moins que les grandes démocraties, les grandes économies qui progressent dans le monde. Pourquoi? Parce qu'on travaille moins que les autres. […] Dix pays en Europe ont le plein emploi, cinq vraiment très fort. Je pense au Danemark, à

la Suède

, à l'Irlande, au Royaume-Uni et, d'une certaine façon, l'Espagne. Cela devrait vous frapper, Mme Royal, pas un seul d'entre eux n'a fait le partage du temps de travail. Pas un seul a fait les 35 heures. Monsieur Zapatero m'a dit que jamais il ne ferait les 35 heures en Espagne, qu'il ne voulait pas porter atteinte à la compétitivité des entreprises."

ERREUR: Les Français ne travaillent pas moins que les autres. Un de nos confrères de LEXPANSION s’est déjà intéressé à cette question. Comparée à six autres pays,

la France

affiche la durée hebdomadaire légale du travail la plus faible, 35 heures obligent. Mais elle est dans la moyenne en terme de durée annuelle effective du travail, qui tient compte des divers types de congés et des heures supplémentaires... En

2004, l

'ensemble des salariés français ont ainsi travaillé en moyenne 1531 heures. C'est bien moins que les Américains (1869 heures), que les Espagnols (1767 heures) et les Italiens (1715 heures). C'est proche des Britanniques (1631 heures). Et c'est plus que les Allemands (1468 heures) et surtout que les Pays-Bas (1378 heures).

L'Etat de

la France
Ségolène

Royal : "

La France

est endettée, plus de 20 000 euros par Français". A la fin 2006, la dette publique de

la France

au sens de Maastricht atteint 1142,2 milliards d’euros, soit 19 000 euros par Français, si l’on prend une population de 60 millions d’habitants.

Ségolène Royal : "Le nombre de travailleurs pauvres est de deux millions et demi". Si le chiffre a été avancé par Martin Hirsch, président d’Emmaüs, l’Insee ne comptabilise pour sa part que 1,8 million de travailleurs pauvres, c’est-à-dire une personne qui bien qu’active appartient à un ménage vivant en dessous du seuil de pauvreté. Pour une personne seule, ce seuil est de 645 euros par mois.

Ségolène Royal : "Un chômage qui touche trois millions de personnes". Selon l’Insee,

la France

comptait officiellement quelque 2,1 millions de chômeurs à la fin 2006, soit 8,7% de la population active. Un chiffre largement contesté par divers organismes. Selon le collectif Les autres chiffres du chômage, il faudrait au moins y ajouter deux millions de sans emploi (travailleurs à temps partiel, chômeurs dispensés de recherche d’emploi ou en activité réduite…)

Ségolène Royal : "Un déficit de la sécurité sociale qui s’élève à 11 milliards d’euros". En mars dernier, Xavier Bertrand, alors ministre de la santé, annonçait que le déficit de la sécurité sociale atteignait en 2006 8,7 milliards d’euros contre 11,6 milliards en 2005.

Nucléaire
Ségolène Royal: Savez-vous quelle est la part du nucléaire dans la consommation d'électricité en France?
Nicolas Sarkozy: Oui, mais confirmez-vous ce choix ? Nous avons, grâce au nucléaire, une indépendance sur l'électricité de

la France

à hauteur de la moitié.
Ségolène Royal: Vous défendez le nucléaire, mais vous ignorez la part du nucléaire.
Nicolas Sarkozy: Non. La moitié de notre électricité est d'origine nucléaire.
Ségolène Royal: Non, 17% seulement de l'électricité.
Nicolas Sarkozy: Ce n'est pas exact, Madame.

ERREUR : Aucun des deux candidats n’a raison. La part du nucléaire dans la production électrique française n'est ni de 17 %, ni de 50 %. En réalité, les 58 réacteurs nucléaires français fournissaient, en 2005, 78,5 % de l'électricité produite en France. Il s’agit pour le reste des énergies fossiles (11,5 %) et des énergies renouvelables (10 %). Les 17 % avancés par Ségolène Royal, correspondent à la contribution du nucléaire à la consommation finale énergétique française. Quant au 50% évoqués par Nicolas Sarkozy, ils sont à rapprocher des 42 % de l'énergie primaire d'origine nucléaire consommée en France en 2005.

Le réacteur EPR
Ségolène Royal : L'EPR n'est pas une centrale. Vous mélangez tout. C'est le prototype. De quelle génération?
Nicolas Sarkozy: C'est la quatrième génération.
Ségolène Royal: C'est la troisième génération.
Nicolas Sarkozy: Nous venons de le vendre à

la Finlande

, Madame. Les centrales nucléaires classiques ont une durée de vie. Les experts discutent, est-ce trente ans, cinquante ans pour le chapeau de couverture. Nous avons été obligés de déclencher les centrales de la quatrième génération, c'est le processus EPR qui a été acheté.
Ségolène Royal: C'est la troisième génération. Non,

la Finlande

a son prototype.

ERREUR : Au petit jeu de l'EPR (European pressurized reactor), c’est Ségolène Royale qui l’emporte. L'EPR est bien un prototype de troisième et non de quatrième génération. Le réacteur en construction en Finlande par Areva est le frère jumeau de celui qui sera érigé à Flamanville (Manche).

Les pôles de compétitivité
Les deux candidats s’écharpent pour savoir à qui revient le mérite de la création des pôles de compétitivité, zones de développement économique qui réunissent entreprises, centres de formation et de recherche engagés dans des projets innovants. « Qui les a crées ? » demande Nicolas Sarkozy. « Les entreprises pas vous. Ne vous l’attribuez pas », répond Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy insiste : « Les pôles ont été créés en 2004, à la suite du rapport parlementaire remarquable de Christian Blanc. J’étais ministre des Finances. C’est alors que l’Etat les a crées. Cela ne pouvait pas être les régions, car les pôles sont des exonérations fiscales et sociales (…)».

PRECISION : Les deux candidats jouent ici sur les mots car si l’Etat a lancé un appel à projet à la suite du rapport parlementaire, ce sont ensuite les entreprises qui ont fait acte de candidature, avant d’être labellisées par l’Etat. La candidate socialiste met également en cause la mise en œuvre de ces pôles, qui n’ont pas, selon elle, bénéficié « des avantages fiscaux que vous aviez promis ». Ce que dément Nicolas Sarkozy. En tant que présidente de région, Ségolène Royal dit aussi avoir « attendu deux ans avant d’avoir l’accord du gouvernement pour ouvrir une usine de biocarburants à

la Rochelle

». Dans les faits, le processus d’aide publique est en effet assez long et complexe, notamment car le Conseil d’Etat a mis deux ans a définir les zones à en bénéficier. Sur les 1, 5 millions d’euros promis par l’Etat, seuls 900 millions ont pour l’instant été débloqués.

Bouclier fiscal
Au sujet du bouclier fiscal -qui plafonne à 60 % des revenus d'un contribuable le montant cumulé de ses impôts sur le revenu, sur la fortune, et de ses taxes d'habitation et foncière pour la résidence principale– appliqué pour la première fois à partir du 1er janvier 2007 pour les impôts payés en 2006, Ségolène Royal lance: « Quand je vois que le bouclier fiscal que vous venez d’instaurer vient d’autoriser une ristourne de 7 millions d’euros à une personne qui a dû être même très surprise d’ailleurs de les recevoir au nom du bouclier fiscal, je dis en effet qu’il faut faire attention aux injustices sociales et à la façon dont vous voulez exonérer un certain nombre de patrimoines élevés».

Sarkozy n’est pas au courant… Pourtant, l’histoire est connue depuis le 28 avril. Le quotidien Libération a révélé dans un article qu’une « riche héritière a récemment perçu un chèque de 7,7 millions d'euros au titre d'un trop perçu fiscal», selon « une section parisienne de

la CGT-Impôts

». Notons une petite erreur dans l’article de Libération, qui affirme que « le principe [du bouclier] consiste à ne pas surtaxer (via l'ISF,

la CSG

ou l'impôt sur le revenu, IR) certaines catégories de contribuables, bénéficiant d'un important patrimoine mais d'un faible revenu annuel »: le bouclier fiscal ne concerne pas

la CSG

Ségolène Royal devra également réviser son dossier: cette dame n’a probablement pas été surprise de recevoir ce chèque puisque pour obtenir le remboursement de la part d’impôt qui excède la limite de 60% fixée par le bouclier, l’intéressé doit en faire la demande en adressant à son centre des impôts un formulaire!

Lois Fillon
Ségolène Royal veut « remettre à plat » les lois Fillon sur les retraites en prenant en compte « la pénibilité du travail pour décider de la durée de cotisation ». Nicolas Sarkozy rétorque : « La pénibilité du travail est déjà prise en compte dans les lois Fillon ».

PRECISION : Dans le texte, l’article 12 de la loi 2003-775, dans sa version consolidée au 31 décembre 2006, dit que « dans un délai de trois ans après la publication de la présente loi, les organisations professionnelles et syndicales représentatives au niveau national sont invitées à engager une négociation interprofessionnelle sur la définition et la prise en compte de la pénibilité.»

La candidate socialiste Ségolène Royal s’est emportée lors du débat présidentiel à propos de l’accès des enfants handicapés à l’école.

Selon Jean-Marie Barbier, président de l’Association des paralysés de France dans le Figaro, Ségolène Royal a mis en place en 2001 le plan handiscole, qui a ouvert l’accès aux écoles pour les enfants handicapés. Cette mesure a entraîné la création de 7000 postes d’assistants-éducateurs et d’auxiliaires de vie. Mais il y a eu un coup d’arrêt en 2002, avec des suppressions de postes. Ensuite, la loi sur le handicap du 11 février 2005 (votée par la droite sous le gouvernement Raffarin) a constitué une réelle avancée: "l’inscription des handicapés à l’école est désormais un droit. Avant, un simple avis négatif d’un directeur d’établissement scolaire fermait les portes à l’enfant. Aujourd’hui, il a l’obligation de l’accueillir. Et en cas d’impossibilité matérielle (trop d’escaliers par exemple), il doit préciser à la famille quelles sont les solutions alternatives existantes. La loi prévoit également la présence d’un enseignant référent pour suivre l’enfant pendant sa scolarité. Malheureusement, ça ne se traduit pas toujours dans les faits", souligne Jean-Marie Barbier.

Résultat des courses:

Nicolas Sarkozy l'emporterait sur Ségolène Royal au second tour de l'élection présidentielle avec 53% (+1) des voix contre 47 (-1) pour la candidate socialiste, selon un sondage CSA-Cisco pour Le Parisien/I-TELE publié jeudi soir.

Ce sondage a été réalisé le 3 mai, au lendemain du face-à-face télévisé de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.

Dans cette enquête, 20% des personnes interrogées s'abtiendraient, voteraient blanc ou nul, soit un point de plus que lors du sondage du 25 avril.

S'agissant des transferts de vote du premier au second tour, 37% (-10) des électeurs de M. Bayrou se portent sur Mme Royal, 30% sur M. Sarkozy (-5) et 33% (+15) s'abstiennent.

Les électeurs de Mme Royal se portent à 92% (-5) sur la candidate, à 4% (+3) sur M. Sarkozy et 4% (+2) s'abstiennent.

Les électeurs de M. Sarkozy se portent à 94% (+2) sur le candidat UMP, aucun (-1) sur Mme Royal et 6% (-1) s'abstiennent.

Ceux de Jean-Marie le Pen choisissent à 72% (+11) M. Sarkozy, 16% (-5) Mme Royal et 12% (-6) s'abstiennent.

A la question: "lequel des deux finalistes de la présidentielle avez-vous trouvé le plus convaincant?", 47% de ceux qui "ont vu ou entendu parler du débat" désignent Nicolas Sarkozy contre 35% Ségolène Royal. 15% répondent ni l'un, ni l'autre, 3% ne se prononcent pas.

A cette question, 44% de l'électorat de François Bayrou choisissent M. Sarkozy, 27%, Mme Royal, 27%, ni l'un ni l'autre et 2% ne se prononcent pas. 82% de l'électorat de Jean-Marie Le Pen désignent M. Sarkozy, 12% Mme Royal et 6% ni l'un, ni l'autre.

Concernant les qualificatifs des deux candidats, 58% ont trouvé Mme Royal "sympathique" (33%, M. Sarkozy), 47%, "sincère" (39%, M. Sarkozy), 47% "proche de leurs préoccupations" (41%, M. Sarkozy), 45% "capable de rassembler" (44%, M. Sarkozy).

A l'inverse, 48% ont jugé M. Sarkozy "capable de défendre l'intérêt général" (42%, Mme Royal), 49% "combatif" (42%, Mme Royal), 55% "facile à comprendre" (38%, Mme Royal), 52% estiment qu'il "a l'étoffe pour faire un bon président" (35%, Mme Royal), et 55% considère qu'il "maîtrise ses dossiers" (30%, Mme Royal).

Sondage réalisé le 3 mai par téléphone auprès d'un échantillon de 1005 personnes âgées de 18 ans et plus inscrites sur les listes électorales, selon la méthode des quotas.

L'institut CSA rappelle que ces résultats d'intentions de vote doivent être interprétés comme des rapports de force à la date de l'enquête et en aucun cas comme prédictifs des résultats du jour du vote.

On connait la suite...

Posté par jguyot à 21:50 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Les sept erreurs des finalistes

    Si tu commençais à écrire toi-même et pas faire des copiers coller :d:d:d:d

    Posté par abadinte, 14 mai 2007 à 15:58 | | Répondre
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